Aucun élève laissé de côté !
Comme chaque année au printemps, ALTRAD Solidarity a lancé son appel à projet « Education » sur le thème « Aucun élève laissé de côté ». Après l’étude des très nombreux projets soumis par les associations nationales et internationales, ce sont 6 projets, déployés en France, en Europe et dans le monde qui ont été retenus par la commission des collaborateurs et validés par le Conseil d’Administration d’ALTRAD Solidarity. Voici une présentation des associations lauréates :
- Sătmărel, quartier en périphérie de Satu Mare, ville roumaine, est une zone marquée par une marginalisation systémique où les opportunités éducatives sont profondément inéquitables. Les roms, évolue dans un écosystème de grande fragilité, caractérisé par un taux d'analphabétisme supérieur à 70 % chez les adultes. Dans ce cadre intra-familial, le soutien à la scolarité est quasi inexistant, plaçant les enfants dans une situation inédite : ils sont souvent les premiers de leur lignée à maîtriser la lecture et l’écriture, devenant ainsi les pivots de leur famille pour les démarches administratives du quotidien. À cette précarité sociale s'ajoute une double discrimination dès l'entrée à l'école. Les enfants roms de Sătmărel font face à une barrière linguistique majeure, l’instruction étant dispensée exclusivement en roumain alors que la langue vernaculaire des foyers est le hongrois. Sans dispositif de mise à niveau, ils s'insèrent dans un environnement scolaire ségrégué et de faible qualité. Ce contexte d'injustice structurelle explique qu'à l'arrivée de l'association Stea en 2014, 80 % des enfants d'âge scolaire ne maîtrisaient pas les savoirs fondamentaux et aucun jeune ne poursuivait son cursus au-delà de 14 ans. Face à ce terrible constat, ALTRAD Solidarity a décidé d’apporter son aide à l’association Action Education afin d’accompagner au mieux ces enfants et adolescents.
- L’association Les Baroudeurs de l’Espoir agit dans le but de garantir le droit fondamental à l’éducation en offrant un accès inclusif et de qualité aux enfants les plus marginalisés notamment au Liban, dans la région de la Bekaa Ouest. Le pays traverse actuellement une « urgence complexe » marquée par une guerre en cours depuis octobre 2024, l’effondrement total de ses systèmes économique, politique et social et, dans des régions comme la Bekaa, la dégradation des services publics : pénuries d’électricité, coût élevé du carburant, difficultés d’accès à l’eau, aux soins de santé et au transport scolaire. Dans ce contexte de crise profonde affectant la population libanaise, Baroudeurs de l’Espoir a mis en place avec Amel Association International en 2018 un dispositif de bus école se rendant dans des camps informels puis a étendu son intervention, en 2022, aux enfants libanais vivant dans les villages situés sur le trajet du bus, leur offrant l’accès à un centre éducatif. En 2026, quarante enfants, âgés de 6 à 13 ans, évoluant dans un contexte de guerre et de grande précarité, bénéficient du programme. Ce projet, intitulé UME – classes libanaises, a pour objectif de maintenir ces enfants dans un parcours éducatif stable, en finançant des cours et des activités indispensables à leur développement cognitif, social et affectif. ALTRAD Solidarity est heureux de participer à la pérennisation des actions des Baroudeurs de l’Espoir et d’accompagner les enfants libanais dans leur parcours scolaire.
- En 2026, 10 enfants par classe sont confrontés à du harcèlement. Dans la cour de récré, les vestiaires, les transports, mais aussi dans les groupes WhatsApp, les commentaires à l’école comme derrière un écran laissent des traces : isolement, dévalorisation, angoisses... allant parfois jusqu’à des pensées suicidaires. Si ces violences étaient par le passé cantonnées à l’école, elles poursuivent désormais les victimes jusque dans l’intimité de leurs foyers. C'est pour répondre à cette urgence que l'Association e-Enfance opère le 3018, numéro national, gratuit et confidentiel, dédié aux jeunes victimes de harcèlement sous toutes ses formes. Accessible 7j/7 de 9h à 23h par téléphone, tchat et via l'app 3018, il constitue un rempart accessible, rapide et humain : une écoute d’abord, un accompagnement et une orientation ensuite. Chaque année plus de 100 000 victimes, leurs familles et les professionnels au contact des jeunes sont accompagnés par l’association. En 2025, le 3018 a reçu plus de 125 000 sollicitations. Derrière chacune d'elles, un jeune qui a osé décrocher son téléphone, taper un message, chercher une sortie. Pourtant, faute d'écoutants en nombre suffisant, seulement 40 % de ces appels ont pu être pris en charge. Ce sont plus de 75 000 jeunes en détresse qui, cette année-là, n'ont pas obtenu de réponse.
Dans un contexte où les violences progressent et où la demande d'aide ne faiblit pas, ALTRAD Solidarity soutient fièrement l'Association E-Enfance / 3018 dans un plan de renforcement de ses équipes d'écoutants.
- Dans une des zones les plus pauvres de Madagascar, l’association IMAG’IN, avec l’implication de ses partenaires (notamment le Lions Club de Fort Dauphin), a totalement reconstruit, en 2017, l’école de Vohibrandika. Depuis, les écoliers ont un toit pour étudier mais restent confrontés à des difficultés majeures pour accéder à une alimentation diversifiée. En effet, les équipes enseignantes et leur direction affiche une baisse significative du nombre d'élèves directement corrélé au fait qu'il n'y ait pas de cantine : le seuil de pauvreté étant tel à Madagascar, la prise en charge d'un repas quotidien est pour la plupart d'entre eux le seul repas qu'ils auront de la journée et apparaît donc comme une condition sine qua non de la part des parents pour qu'ils y envoient leurs enfants. Pour lutter contre cette exclusion et pour qu'aucun enfant ne soit laissé de côté, ALTRAD Solidarity soutient le projet de l’association de construire une cantine, et même un potager, dont les objectifs sont :
- la construction d’une cuisine et d’un magasin pour la cantine scolaire.
- la création et gestion d’un jardin potager.
- la sensibilisation à une nutrition diversifiée, adaptée au territoire local.
- L’association Prête-moi tes ailes a pour but de lutter contre l’exclusion des personnes porteuses de handicap dans la société et de sortir de l’isolement les familles touchées par le handicap cognitif. A travers son programme « Respire ! » l’association lutte contre la déscolarisation massive des jeunes porteurs de trisomie 21 ou présentant des Troubles du Développement Intellectuel (TDI). Ele agit directement pour l'égalité des chances et l'inclusion citoyenne en proposant un accompagnement sur mesure. Ce soutien s'adresse à des enfants et jeunes adultes, de 4 à 25 ans, qu'ils soient partiellement scolarisés, totalement privés d'école ou en transition vers la vie professionnelle et s'articule autour de plusieurs axes complémentaires :
- Soutien scolaire spécialisé : animé par une enseignante spécialisée, ce pôle assure le maintien des apprentissages fondamentaux (lecture, écriture, numération) par le biais de méthodes adaptées pour éviter la régression cognitive souvent liée à une scolarité fragmentée.
- Développement des habiletés sociales : pour les plus jeunes, l'enjeu est l'apprentissage de la vie en groupe et la régulation émotionnelle. Pour les plus grands, l'objectif est l'acquisition d'une autonomie concrète.
- Le parcours est évolutif : l'orientation entre modules scolaires et éducatifs est réévaluée selon les progrès du jeune.
- Programmes d’éloquence : à travers des stages dédiés, les bénéficiaires renforcent leur confiance en eux. En travaillant la posture et la prise de parole, ils acquièrent les outils pour s'exprimer et préparer activement leur insertion sociale et professionnelle.
Grâce à ce beau projet, ALTRAD Solidarity réaffirme sa volonté qu’aucun élève ne soit laissé de côté et soutient l’inclusion des jeunes porteurs de handicaps cognitifs dans la société.
- Le projet de l’association UniR, que soutient ALTRAD Solidarity, a pour but d’accompagner les personnes réfugiées et demandeuses d’asile dans leurs projets d’avenir en France, à travers l’accès aux études supérieures. Celles-ci font en effet face à de nombreux obstacles (barrière de la langue, difficultés à s’orienter, procédures administratives complexes, isolement social) qui les empêchent de poursuivre leurs études malgré leur motivation et entravent leur insertion et leurs ambitions professionnelles. À travers son programme d’accompagnement personnalisé, UniR répond donc aux différents besoins de chacun pour lever ces barrières, en prenant en compte ses expériences et ses spécificités. Pour permettre aux personnes réfugiées et demandeuses d’asile d’accéder aux études supérieures en France, UniR propose un programme d’accompagnement en quatre étapes (diagnostic des besoins, recherche de formation et candidatures outien à l’inscription et suivi post-inscription). En parallèle du suivi individuel, des ateliers collectifs sont organisés pour travailler sur les CV, lettres de motivation, entretiens, IA pour la recherche d’emploi et autres thématiques utiles à l’insertion académique et professionnelle. Ces ateliers sont organisés sur une journée entière, avec des bénévoles ou des prestataires experts et ont lieu deux fois par mois.